Comment Ce Blog a Été Créé
Read in EnglishJ’ai construit ce blog en une soirée. Avec une IA. Et honnêtement, c’était bizarre.
Pas bizarre genre “robots qui prennent le contrôle”. Plutôt bizarre genre “pair programming avec quelqu’un qui sait tout mais qui te connaît pas du tout”. On a dû apprendre à se connaître en avançant.
Voilà comment ça s’est passé.
Le Plan (Ou Pas)
Je voulais un blog. Rien de fou. Un endroit pour balancer des pensées, partager des projets, peut-être aider quelqu’un à éviter des erreurs que j’ai déjà faites.
Ce que je ne voulais pas :
- Passer une semaine à configurer webpack
- Payer pour l’hébergement (je suis radin)
- Maintenir une base de données pour quelques articles
- Me souvenir comment CloudFront fonctionne (spoiler : jamais)
Alors j’ai ouvert Claude et j’ai dit un truc du genre : “Aide-moi à construire un blog. Garde ça simple. Je veux pas dépenser d’argent ni perdre la tête.”
Et là, la négociation a commencé.
Le Ping-Pong
L’IA ne lit pas dans les pensées. Elle pose des questions. Beaucoup.
“Statique ou dynamique ?” Statique. “React ?” Plutôt pas. “Plusieurs langues ?” Ouais, français et anglais. “Budget ?” Zéro. Free tier ou rien.
C’est là que ça devient intéressant. Claude a suggéré Astro — un générateur de sites statiques dont j’avais entendu parler mais jamais essayé. Il a expliqué pourquoi : orienté contenu, supporte le Markdown, pas de JavaScript par défaut, parfait pour les blogs.
J’ai dit ok. Et j’ai ajouté ma contrainte.
“Toujours Docker. Jamais rien installer directement sur ma machine.”
Claude a essayé une fois de lancer node --version en local. J’ai coupé ça net. Il a appris. Plus jamais refait.
C’est le truc avec bosser avec une IA : tu dois l’éduquer sur tes particularités. Elle les retient. Mais faut parler d’abord.
Le Bordel
Des trucs ont cassé. Évidemment.
Le premier build Docker a foiré parce que node_modules créait des symlinks que Windows n’aimait pas. On a ajouté un .dockerignore. Réglé.
Le setup i18n était confus au début. On a commencé avec des suffixes de fichiers (post.fr.md), puis on a switché sur des dossiers (fr/post.md). Mieux.
Les liens sociaux avaient une sale gueule dans le footer. Trop gros. Fallait faire une version compacte. Petit fix, mais c’est moi qui l’ai remarqué, pas l’IA.
C’est le pattern : l’IA construit vite, l’humain capte les moments “y’a un truc qui va pas”.
Ce Qu’on a Vraiment Construit
Pour les curieux :
- Framework : Astro (contenu Markdown, zéro JS livré par défaut)
- Dev : Docker + devcontainer (j’installe pas en local, rappelle-toi)
- Hébergement : AWS S3 + CloudFront
- Déploiement : GitHub Actions
- Langues : EN/FR avec détection de langue par le navigateur
- Coût : 0€/mois
Le tout vit dans un repo git. ARIA (mon second cerveau IA) garde trace des décisions qu’on a prises en chemin. Si j’oublie pourquoi un truc est comme il est, j’ai qu’à demander.
Le Truc Bizarre
Voilà ce dont personne parle : collaborer avec une IA, c’est comme faire du pair programming avec quelqu’un qui a une mémoire parfaite mais aucun goût.
Elle se souvient de chaque contrainte. Elle n’oublie jamais que je veux Docker. Elle se rappelle ce message d’erreur d’il y a 30 minutes.
Mais elle sait pas ce qui est “bien”. Pas vraiment. Elle suggère des trucs qui marchent techniquement mais qui sonnent faux. Trop corporate. Trop verbeux. Trop… IA.
Alors tu pousses. “Fais plus court.” “Parle plus comme un humain.” “Non, pas comme ça.”
Et lentement, à force d’itérations, ça se rapproche de ce que tu voulais vraiment.
La Partie Méta
Cet article aussi a été écrit comme ça. J’ai donné le contexte à Claude, dit “fais que ça sonne comme moi”, et ensuite j’ai édité le résultat. Coupé des parties. Réécrit d’autres. Ajouté les blagues.
C’est pas de l’écriture IA. C’est pas de l’écriture humaine. C’est quelque chose entre les deux — une collaboration où aucune des deux parties n’aurait pu le faire aussi bien seule.
J’aurais pas pu sortir ce blog en une soirée tout seul. Trop de context-switching, trop de configs oubliées, trop de “attends, comment ça marche CloudFront déjà ?”.
Et l’IA aurait pas pu le faire seule non plus. Elle connaît pas mes préférences. Elle sait pas quand quelque chose “sonne bien”. Elle a pas d’opinions — juste des options.
Ensemble, par contre ? On avance vite.
Voilà l’histoire. Une soirée, une IA, un blog. Pas de magie. Juste beaucoup d’allers-retours jusqu’à ce qu’on comprenne tous les deux ce qu’on était en train de construire.
Si tu veux essayer, voici mon conseil : parle à l’IA comme à un collègue, pas comme à un moteur de recherche. Pose tes contraintes tôt. Pousse quand quelque chose sonne faux.
Et peut-être garde Docker à portée de main. Ta machine te remerciera.
Construit avec Claude. Édité par moi. Déployé pendant que je me demandais encore si ça allait marcher.